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Avoir la niaque


Plus que le talent ou l’intelligence, la clé du succès serait… la niaque.

Mais qu’entend-on exactement par là ? De premiers outils de mesure voient le jour, ainsi que des programmes de développement axés sur cette qualité.



Qu’est-ce que la niaque ?


Le questionnaire développé par la psychologue américaine Angela Duckworth et ses collègues pour mesurer cette dimension comprend douze affirmations, auxquelles il faut attribuer une note pouvant aller de 1 (« Ça ne me correspond pas du tout ») à 5 (« C’est tout à fait moi »). Ces affirmations évaluent deux sous-dimensions de la niaque : la constance des intérêts et la tendance à persévérer dans ses efforts. La niaque elle-même semble apparentée à la dimension de la personnalité « caractère consciencieux » (« Si j’ai un plan, je fais tout pour le réaliser »), mais avec une nuance : alors que les personnes consciencieuses ont des intérêts et des objectifs qui peuvent varier, la niaque décrit une persévérance particulière dans la poursuite de quelques grands projets sur une longue période. En conséquence, l’échelle qui l’évalue renferme des affirmations comme « Mes intérêts changent d’année en année » – l’accord avec cette affirmation étant associé à un score de grit faible.

La niaque suppose également un fort degré de tolérance aux frustrations engendrées par les échecs, ainsi qu’une passion incandescente pour l’activité pratiquée, ce qu’on évalue par des affirmations du type : « Je termine toujours ce que j’ai commencé » ou « Je ne me laisse pas décourager par les échecs ». Cette tendance à aller au bout de ce qu’on entreprend est aussi liée à la maîtrise de soi, mais celle-ci se réfère plutôt à la capacité à résister aux distractions et aux tentations qui surviennent sur le moment : elle n’implique pas de s’en tenir à un objectif supérieur, sur le long terme.

L’un des reproches adressés à l’échelle de niaque porte d’ailleurs sur l’absence de questions explicites sur un tel objectif. Autre critique : l’orientation des affirmations est assez facilement identifiable, d’où la tentation de répondre de manière socialement souhaitable. Mais ce dernier point est un problème général des questionnaires qui portent sur des caractéristiques plus ou moins valorisées dans le monde actuel, telles que la stabilité émotionnelle, l’extraversion ou le caractère consciencieux.



LES INFORMATIONS ESSENTIELLES CONCERNANT LA NIAQUE


- La psychologue américaine Angela Duckworth a identifié une qualité qui favoriserait la réussite dans la vie : la niaque, une ténacité teintée de passion, caractérisée par la poursuite de grands objectifs pendant de nombreuses années.

- Une niaque élevée conduirait notamment à mieux réussir ses études, à garder son emploi plus longtemps ou à moins divorcer.

- Mais d’autres chercheurs critiquent ce concept, qui selon eux n’apporte rien par rapport aux modèles de personnalité déjà utilisés par les psychologues.




Trois conseils pour avoir la niaque


Réfléchir à ses objectifs

Carrière ou famille ? Argent ou loisirs ? Au moment de définir vos objectifs, prenez en compte à la fois vos préférences personnelles et vos talents. Pour cela, il n’y a pas que les questionnaires et les tests de personnalité, les techniques d’imagination se révèlent également fort utiles. Essayez de vous imaginer le plus vivement possible que vous atteigniez tel ou tel objectif. Qu’est-ce cela changerait pour vous ? Seriez-vous plus heureux?


Gare aux obstacles

Nous poursuivons souvent des objectifs idéalisés, sans réfléchir suffisamment aux défis qu’ils impliquent. La psychologue de la motivation Gabriele Oettingen recommande donc de tenir compte des obstacles qui pourraient se dresser sur notre chemin. Cela permet de se faire une idée plus réaliste de ce qui est faisable.


Prendre du plaisir

Pour persévérer durablement, il est important de tirer de la satisfaction de ses propres actions et de se réjouir des petites réussites quand on atteint une étape. Les échecs – difficilement évitables – sont moins mal vécus, et on continue à travailler parce que l’effort n’est pas perçu comme trop pénible.







Source : Cerveau et Psycho n°146