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Le succès en 6 étapes



En s’appropriant 6 règles de fonctionnement de nos neurones, pressenties par des psychologues depuis trente ans, et enfin mises au jour par les neurosciences, vous pourrez réussir (presque) tous vos apprentissages.


Il y a de cela trente ans, John Bransford et Barry Stein, deux chercheurs américains de l’université Vanderbilt, spécialisés dans la psychologie de l’apprentissage, ont publié une méthode étonnante, censée pouvoir venir à bout de n’importe quel problème : la méthode IDEAL.


Cette méthode s’organise autour de six étapes, que voici :


1 : « Identify » : d’abord identifier le problème, c’est-à-dire ce qui ne va pas, ce qui ne marche pas et que l’on souhaite changer.


Puis 2 : « Define » : définir un objectif qui, une fois atteint, ferait que ce problème soit résolu. Si j’ai comme problème actuel d’éprouver une désagréable sensation de faim, alors manger un sandwich constitue une solution à ce problème ; jusque-là, rien de bien compliqué.


Ensuite vient l’étape 3 : « Explore » : une phase d’exploration où je ne « fais » rien, si ce n’est envisager plusieurs manières d’atteindre l’objectif que je viens de me fixer. À ce stade, les auteurs soulignent l’importance de prendre bien le temps d’imaginer plusieurs voies possibles, et de ne surtout pas s’arrêter à la première qui nous vienne à l’esprit.


La phase suivante, 4 : « Anticipate », n’est pas encore une phase d’action, mais d’anticipation : il faut parcourir mentalement chacun des chemins qui viennent d’être imaginés afin d’anticiper d’éventuels problèmes et de choisir le meilleur chemin.


Ensuite seulement vient le moment de l’action, 5 : « Act », en suivant la voie qui vient d’être tracée jusqu’à atteindre – ou non – l’objectif.


Enfin, la méthode ajoute une dernière étape au moment où la plupart d’entre nous auraient tendance à passer à autre chose si le problème est réglé – 6 : « Look back and learn » – : se retourner sur ce qu’on vient de faire et d’apprendre. C’est le moment de comparer le scénario qui avait été anticipé à ce qui s’est vraiment déroulé.

J’adopte alors la posture d’un observateur omniscient regardant avec bienveillance le «moi» de l’étape 3, qui s’efforçait de deviner ce qui allait se passer en empruntant la voie que j’ai finalement choisie.

En sachant maintenant tout ce qui s’est passé, je constate tout ce que je n’avais pas su prévoir et j’apprends, pour être meilleur la prochaine fois (par exemple, en tenant mieux compte du temps que prennent vraiment les choses).


Voilà donc la méthode IDEAL, ou IDEAALL, qui a le grand mérite de remettre sur les rails ceux qui abordent chaque problème en suivant tête baissée une vague intuition de solution et qui passent immédiatement à autre chose dès que le problème est réglé.


Pourquoi parler de cette méthode?

Parce que plusieurs découvertes en neurosciences – parmi les plus importantes depuis la parution de cet ouvrage – attestent que notre cerveau affectionne particulièrement la méthode IDEAL. Et deux articles récents consacrés à une région cérébrale essentielle pour l’apprentissage décrivent des mécanismes qui rappellent étrangement ses étapes. C’est assez remarquable pour être souligné, et cela montre à quel point la prise de conscience de notre propre fonctionnement mental – la fameuse métacognition – peut mener à des techniques totalement adaptées à nos mécanismes neurobiologiques.


Retrouvez cet article en podcast ici :

https://anchor.fm/coline-escoffier/episodes/Le-succs-en-6-tapes-e1jspsg



Source : Cerveau & Psycho n°143