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Les loyautés familiales : fonctionnement?



Premièrement, rappelons qu’en matière d’évolution, l’épigénétique* permet d’expliquer comment des traits peuvent être acquis et éventuellement transmis d’une génération à l’autre, ou encore, perdus après avoir été hérités.

 

* L’épigénétique est l’étude du mécanisme par lequel l’environnement contrôle l’activité génétique. C’est Conrad Hal Waddington qui, en 1942, a développé cette théorie. Selon ses recherches, les gênes s’expriment en fonction de leur environnement et peuvent même en changer leurs codes. Ainsi, la science de l’épigénétique confirme que l’environnement de même que l’histoire individuelle, familiale et ancestrale ont une influence sur l’expression des gènes et que cette expression génétique est transmissible d’une génération à l’autre tout en conservant un caractère réversible. Elle permet de prouver qu’un travail fait sur la généalogie toucherait et modifierait la biologie de la personne!

 

La loyauté familiale est un des facteurs influençant cette transmission.

En fait, il s’agit de la manifestation inconsciente d’un comportement (acte, action, choix, conduite, décision) qui se reproduit de génération en génération et bien souvent sans se rendre compte de cette répétition.

Nous avons parfois une sensation de malaise, de mal-être dont nous arrivons difficilement à expliquer la provenance, l’origine ou même la logique, surtout lorsque notre vie semble bien aller.

Souvent cet inconfort provient d’une sorte de loyauté inconsciente qui nous pousse à recréer, que nous le voulions ou non, et même sans que nous le sachions des situations répétitives, des événements douloureux.

Reproduire au même âge qu’un parent ou un ancêtre une situation, un événement, a toutes les chances d’être un leurre généalogique. Cela n’a rien de personnel, c’est une tentative souvent vaine de réparer, voire de révéler au grand jour des éléments passés.


Par exemple, cela peut être l’histoire d’un de nos ancêtres qui était malheureux en amour et qui a fortement pensé à divorcer à l’âge de 40 ans mais il ne l’a pas fait. Par la suite, il a été très malheureux, apportant dans sa mort toute sa peine, sa colère, ses frustrations, etc. Eh bien, cela peut être suffisant pour contraindre un ou des descendants à divorcer à sa place comme si c’était plus fort qu’eux, souvent à l’âge précis où l’ancêtre en avait ressenti la nécessité.

Régulièrement, les descendants ne comprennent pas vraiment ce qui leur arrive.

Les secrets de famille, les non dits sont souvent source de reproduction chez les descendants par « loyauté », pour réparer ou tout simplement pour faire « partie » du clan tel qu’expliqué par l’exemple ci-haut mentionné.


C’est la raison pour laquelle être authentique, dire la vérité, permet de soulager le destin de ses descendants. Mentir, dissimuler, faire croire que l’on a été heureux alors que c’était tout le contraire mène les descendants à une forme d’« anti-destin » par loyauté invisible. Dès qu’apparaissent dans le présent des éléments du passé, il faut être très vigilant, sinon on se fait le prisonnier d’un piège généalogique.


Le concept de loyauté implique une attente implicite d’un comportement, d’une action.

Cette loyauté familiale dépasse donc les simples notions de respect des lois, de l’ordre et des traditions familiales. Il y a une « attente » quant au rôle dans lequel tous les membres de la famille sont tenus. Il y a souvent un sentiment de rejet, d’injustice lorsque les attentes ne sont pas comblées.


Pour respecter cet héritage avec lequel nous sommes venus au monde, nous pouvons entrer dans des processus inconscients d’auto-sabotage (vous pouvez retrouver mon article à ce sujet ici).