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Les styles d'attachements


comment ont-ils été définis?


Mary Ainsworth, collaboratrice de John Bowlby, a défini les différents styles d’attachement, à savoir l’attachement sécure, les attachements insécure évitant et ambivalent/résistant et comment les évaluer chez l’enfant de 12 mois grâce à l’expérience de la « situation étrange » (1978).

Cette procédure expérimentale de quelques minutes consiste à faire subir à un enfant un léger stress comparable au stress quotidien. Pour cela, huit épisodes de trois minutes chacun sont prévus en laboratoire et impliquent deux séparations de l’adulte ainsi qu’un contact avec une personne non familière, « l’étrangère ». Les réactions de l’enfant, en particulier lors des retrouvailles avec l’adulte (manifestations d’anxiété et d’évitement), renseignent le chercheur sur la qualité de sa sécurité.

Les styles d’attachement reflètent les prédispositions de l’enfant, son tempérament et la cohérence des réponses parentales en situation de stress.

Ces différentes catégories d’attachement sont des stratégies adaptatives sans conséquence psychopathologique. Il est pourtant évident qu’avoir des stratégies attachementales sécures est un facteur de protection contre l’adversité. Ces enfants explorent leur environnement plus librement, ils régulent mieux leurs émotions lors d’événements de vie stressants. Parallèlement, les catégories insécures sont des stratégies adaptatives plus rigides, facteurs de vulnérabilité.

Plus tard, George, Main et Kaplan (1991) décrivent l’attachement désorganisé, lorsque l’enfant n’a plus aucune stratégie pour s’adapter aux situations de stress. Ce style d’attachement est, quant à lui, beaucoup plus fortement corrélé avec la psychopathologie et justifie de développer des interventions thérapeutiques centrées sur cette problématique.




Description


Profil « sécure »


L’attachement sécure est lié à la sensibilité de la mère (ou toutes autres figures maternantes, qui prennent soin de l’enfant), mais aussi au plaisir que celle-ci a à s’occuper de son enfant. La relation mère/enfant est fluide, claire et les réactions cohérentes et appropriées. La mère réagit d’une façon suffisamment bonne pour que son enfant ne manque de rien, sans pour autant être dans une dépendance absolue envers lui.

À un an, ces enfants se montrent plus actifs et plus épanouis dans leurs activités d’exploration que les autres petits. Ils jouent facilement avec des adultes, même inconnus. Leurs systèmes d’attachements se mettent en place lorsqu’ils sont loin de leur mère et déclenchent alors de hurlements et des larmes. Une fois que la mère est de retour, l’enfant se calme et accepte les bras et peut retourner jouer : il est rassuré.


Une fois l’âge adulte atteint, les récits sur l’enfance seront cohérents, nets. Cela n’est malheureusement pas le cas pour tout le monde. Ces profils-ci sont associés à un bon esprit, ouvert et compréhensif, sans se mettre sur la défensive systématiquement en cas de contradiction, ou de problèmes.


Profil « insécure évitant »


Les enfants aux profils « insécure évitant » n’ont pas vus leurs émotions accueillis convenablement par leurs parents. Ce type d’attachement est caractérisé par un manque d’attention de la mère face à la détresse de son enfant. Moqueries, colère, ingérence ou ignorance conduisent les enfants à inhiber leurs manifestations affectives pour en éviter ces conséquences désagréables. En éloignant l’affect, l’enfant se protège de ses parents.


Adultes, ils rappellent des souvenirs globalement positifs de leurs enfances, mais ne sont pas capables de fournir des détails précis pour alimenter cette image. Ils idéalisent souvent leurs parents et n’établissent généralement pas de lien entre ce qu’ils ont vécu enfants et leurs difficultés actuelles. La plupart du temps, ils nient même qu’un lien d’attachement puisse exister comme tels.


Profil « insécure résistant »


Le profil, « insécure résistant » se caractérise par un fonctionnement émotionnel intense engendré par de mauvaises réactions parentales. Les parents peuvent être surproducteurs ou bien négligents. Dans les deux cas, l’enfant mettra en place des mécanismes pour attirer l’attention des parents en déclenchant des crises de larmes, des colères, de la séduction.

Malheureusement, malgré tout, quand les parents reviennent pour calmer l’enfant, celui-ci ne le peut plus. Il est perdu dans ses ressentis, dans son corps, et dans sa relation aux parents.


Une fois adulte, la séduction s’alterne avec l’agressivité par manque de confiance en soi et manque de confiance en l’autre. Il ne peut pas faire confiance en quelqu’un d’autre que lui, car ses premiers liens n’étaient pas sécures. La vie de ses personnes et souvent concentrée sur eux-mêmes, sans jamais voir plus loin.


Profil « désorganisé »


Ce dernier profil regroupe les points de divergence des différents profils. Les enfants aux profils « désorganisés » ne parviennent pas à trouver de stratégies d’attachements suffisantes pour être en sécurité. Ce sont des enfants qui n’arrivent pas à attirer l’attention des parents.


Adultes, les relations sont souvent compliquées et ambiguës puisque ces personnes ne possèdent aucune stratégie de liens.