Texte Coline ESCOFFIER - temps qui passe - contrainte - plaisir
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COLINE ESCOFFIER

Hypnothérapeute (hypnose Ericksonienne, hypnose Transgénérationnelle et Régressive)
Praticienne en EFT, et Magnétiseur

Du « il faut » au « j’ai envie »

On est le 10 avril, j’ai 12 ans.

On est au chalet avec ma famille, j’ai de la chance de pouvoir partir au ski avec la bande de copains des parents.

Ce matin là, c’est ma mère qui me réveille. Elle sanglote, elle a les yeux rouges et elle me dit « Lolo est morte ».

Lolo ça n’est pas mon chien, ni mon chat. Lolo, c’est Laurie-Anne, ma meilleure amie. Elle a 11ans et demi, bientôt 12 parce qu’elle est du 8 juin et qu’on est le 10 avril. Je réalise qu’elle n’aura jamais 12 ans.

Ma meilleure pote est morte. Morte dans un accident de voiture avec son frère et leur cousine qui conduisait. 

Lolo, c’est avec elle, que je passais une grande partie de mon temps. On était toujours fourrée ensemble.

Je ne me souviens plus de grand-chose à part de cette phrase que ma mère a prononcé. Je ne me souviens pas des jours qui ont suivis.

Je ne me souviens pas, non plus, de la cérémonie, seulement de tellement pleurer que je n’avais pas pu lire le discours que j’avais prévu de faire… Je ne sais même plus ce que je voulais dire.

Je dis que je ne me souviens pas, mais c’est faux, je me souviens très bien de m’être dit que si Dieu existait c’était une belle merde, un gros naze incompétent.

Parce qu’avec Lolo, on allait aussi au cathé ensemble, le mercredi aprèm. 

Je n’ai absolument rien retenu de ce qu’on nous apprenait mais on rigolait bien et puis ça nous donnait le droit de manger des hosties quand on allait à la messe et j’aimais bien les hosties parce que j’avais l’impression que ça m’aspirait la langue. Et ça me faisait marrer.

Autant vous dire que je me suis fâchée avec Dieu ce fameux 10 avril. Déjà que j’étais moyennement convaincue mais alors là, pour moi c’était juste dégueulasse et inimaginable de comprendre, pourquoi, s’il existait, il ait pu faire ça. Ce jour là, l’injustice a tapé fort.

Lolo est venue me voir à travers mes rêves quasiment toutes les nuits pendant plusieurs années. On jouait, on discutait, elle me donnait des conseils comme on le fait entre meilleures amies.

Et puis ses visites se sont estompées et avec le temps, la douleur aussi.

Et hier, on était le 10 avril et j’ai 40 ans.

Lorsque j’ai vu la date sur mon téléphone, j’ai immédiatement pensé à elle, et à la chance que j’avais d’être là, vivante et heureuse.

Je me demande parfois ce qu’elle serait devenue ou ce qu’elle me conseillerait quand je doute, quand j’hésite

Et je pense toujours à elle quand je vis un truc chouette. Elle était avec moi à chaque moment fort de ma vie, à mon mariage, à la naissance de mes enfants…

C’est une dédicace intérieure.

Bien honorer les morts, ce n’est pas les pleurer définitivement, c’est vivre et penser à eux à chaque fois qu’on vit un truc qui nous fait vibrer et nous rend profondément heureux.

Avec l’âge, avec l’expérience, je me suis rendue compte à quel point le temps est précieux. 

Sans m’en apercevoir, j’ai toujours vécu en me disant que je pouvais mourir sur un claquement de doigt.

Quand le cancer a pointé le bout de son nez, c’est venu réactiver que le temps est ce qu’il y a de plus important. On ne peut jamais le récupérer.

J’ai eu une pulsion interne, comme un élan vital qui me hurlait de limiter les contraintes et pouvoir mettre des « j’ai envie » dans le temps qu’il me reste.

Je limite les « il faut » pour remplir ma vie de « j’ai envie »Je fais en sorte que les « il faut » soient un chemin, une étape pour arriver aux « j’ai envie ». C’est aussi ce que je vous partage lors de mes accompagnements.

Ça a beaucoup bougé ma vision de la vie 

Ce n’est pas toujours facile, pas toujours réaliste ou réalisable non plus.

Ça me permet d’être dans le présent, de mieux apprécier les choses simples et finalement de mieux profiter de tout.

On a chacun notre vision du monde, des choses importantes, de quelles sont nos priorités, moi c’est ça, mettre des « j’ai envie » autant que je peux dans ma vie, dans mes accompagnements, en famille, de partout…

Et vous c’est quoi votre vision du monde ?

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